Diffa : le gouverneur inspecte le périmètre irrigué de la CDA et appelle à préserver l’investissement

Le gouverneur de la région de Diffa, le Général de Division Mahamadou Ibrahim Bagadoma, a effectué lundi 28 septembre 2026 une visite de terrain sur le périmètre hydro-agricole du Centre de Développement Agricole (CDA). Accompagné d’une forte délégation composée de ses proches collaborateurs et des responsables techniques concernés, il s’est rendu sur le site dans la matinée afin de constater de visu les conditions d’exploitation, d’apprécier le niveau de mise en valeur depuis la réhabilitation et de recueillir directement auprès des producteurs les difficultés auxquelles ils sont confrontés.
À son arrivée, le gouverneur a été accueilli par les responsables régionaux de l’Office National des Aménagements Hydro-Agricoles (ONAHA), les représentants des structures des exploitants ainsi que de nombreux producteurs. Accompagné des techniciens, il a effectué une visite de l’ensemble des compartiments du périmètre, notamment les infrastructures hydrauliques et les espaces cultivés, avant de tenir une séance d’échanges avec les exploitants. Ces discussions ont permis aux producteurs d’exposer leurs préoccupations, principalement liées à l’alimentation en eau et à l’état de certaines infrastructures indispensables au fonctionnement optimal du site.
Un aménagement stratégique créé en 1977
Le gouverneur a rappelé que le périmètre de la CDA constitue une infrastructure ancienne et stratégique pour la production agricole dans la région de Diffa. Créé en 1977, cet aménagement hydro-agricole avait été conçu sur une superficie de 160 hectares. Au fil des années, la dégradation progressive des infrastructures avait toutefois entraîné une importante réduction des superficies effectivement exploitées.
Dans le cadre du Programme national de Grande Irrigation initié par le Président de la République, les travaux de réhabilitation ont été lancés en mars 2024. Plusieurs milliards de francs CFA ont été mobilisés, notamment à travers le Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie (FSSP). Les travaux ont porté sur la station de pompage, les réseaux et canaux d’irrigation, les ouvrages hydrauliques, ainsi que la construction d’une digue de protection d’environ 2,05 kilomètres. Le dispositif comprend également 21 forages destinés à renforcer l’alimentation en eau du périmètre.
Selon le gouverneur, cette réhabilitation a permis de « porter la capacité exploitable du site à 160 hectares », même si une partie de cette superficie demeure actuellement indisponible en raison de contraintes liées à l’ensablement.
Une exploitation effective, mais inégale
Sur le terrain, le gouverneur a constaté une exploitation effective du périmètre, avec des parcelles de riz présentant différents niveaux d’évolution. Certaines parcelles étaient déjà au stade de la récolte ou avaient été moissonnées, tandis que d’autres se trouvaient encore à des stades moins avancés. Cette différence s’explique par le fait que les producteurs n’ont pas effectué les opérations de mise en valeur au même moment.
« Nous avons constaté que les producteurs n’ont pas emblavé à la même période. C’est ce qui explique que nous ayons aujourd’hui du riz à différents stades : certains producteurs sont déjà à la moisson, certains ont déjà terminé leur récolte, tandis que d’autres parcelles sont encore à des stades moins avancés. Dans l’ensemble, nous pouvons dire que le périmètre est bien exploité et que les producteurs sont véritablement à pied d’œuvre », a-t-il relevé.
Trois difficultés majeures identifiées
Malgré ce constat globalement satisfaisant, la visite a permis d’identifier trois principales difficultés susceptibles d’affecter le fonctionnement optimal du périmètre.
La première concerne la station de pompage. Une des pompes est actuellement à l’arrêt à la suite d’un court-circuit ayant endommagé son câblage, ce qui réduit la capacité d’approvisionnement en eau de certaines parties du site. Le gouverneur a toutefois rassuré que des dispositions ont déjà été prises pour procéder, dans les meilleurs délais, au remplacement du câblage endommagé et à la remise en service de la pompe.
La deuxième difficulté concerne les forages. Sur les 21 forages réalisés dans le cadre de la réhabilitation, trois ne fonctionnent pas actuellement, ce qui contribue également à réduire la capacité globale de desserte en eau.
Enfin, la troisième contrainte est liée à l’ensablement d’une partie des terres. Environ 37 hectares sont actuellement affectés par ce phénomène et demeurent difficilement exploitables. Cela ramène, pour le moment, la superficie effectivement cultivable à environ 123 hectares sur les 160 hectares que compte le périmètre.
Un appel à la responsabilité des producteurs
Malgré ces difficultés, le gouverneur s’est dit satisfait du niveau d’exploitation observé et de l’engagement des producteurs. Il a particulièrement insisté sur la nécessité pour les bénéficiaires de prendre pleinement conscience de l’importance de cet investissement réalisé au profit des populations et de la souveraineté alimentaire.
« Je pense que, dans l’ensemble, le périmètre est bien exploité. Les gens sont à pied d’œuvre et ont compris qu’il s’agit d’un investissement de la population nigérienne. Ils n’ont donc pas le droit d’être laxistes dans la gestion et l’exploitation de cet ouvrage », a-t-il déclaré.
Pour le gouverneur Bagadoma, la mise en valeur effective de ce périmètre doit contribuer à accroître la production céréalière de la région et à renforcer sa contribution à la sécurité alimentaire nationale.
« Nous avons besoin de la production céréalière pour la région et pour le pays. Nous avons donc besoin de producteurs travailleurs et engagés sur ce périmètre. Chacun doit jouer pleinement son rôle afin que l’investissement consenti puisse produire les résultats attendus », a-t-il conclu.
La réhabilitation du périmètre de la CDA s’inscrit ainsi dans la dynamique nationale de développement de la grande irrigation, qui vise notamment l’accroissement des superficies cultivables, l’amélioration de la production céréalière, la création d’emplois et le renforcement de la sécurité alimentaire. Ce site figure parmi les infrastructures stratégiques de la région de Diffa. Sa remise à niveau a permis de relancer des infrastructures hydrauliques fortement dégradées et de créer les conditions d’une exploitation plus importante des terres agricoles.
Sources :
Agence Nigérienne de Presse (ANP), article publié le 28 septembre 2026 : « Diffa : Le Gouverneur Bagadoma constate l’état d’exploitation du périmètre irrigué de la CDA et appelle à préserver cet investissement » (AOM/SML/ANP).
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